Nouvelles

Théâtrographie complète du TFT

Ce qu'on en dit... de La Cantatrice

 

Ce qu'on dit... de La Cerisaie

Nouvelles

Frédéric Dubois remporte le Prix John-Hirsch

Au sujet de M. Dubois, le jury a déclaré : « De Réjean Ducharme à Michel Tremblay, en passant par Eugène Ionesco, Raymond Queneau, Jean-Pierre Ronfard et d’autres encore, cet artiste polyvalent, prolifique et talentueux s’est démarqué par ses propositions artistiques audacieuses, ludiques, rythmées et souvent jouissives! Il compte à son actif la nouvelle forme de théâtre « en été » ainsi que plusieurs Masques. Frédéric Dubois est un artiste engagé dont le premier moteur est le plaisir, et ses productions en témoignent. »

Doté par un legs de la succession de John Hirsch, le prix rend hommage à l’extraordinaire contribution de M. Hirsch au théâtre canadien, à titre notamment de fondateur du Manitoba Theatre Centre, chef du département de théâtre à la télévision anglaise de Radio-Canada et de directeur artistique du Festival de Stratford.

En travail...
  • Les Murs

J’ai eu du mal à apprendre que pour connaître une ville, plutôt que de la parcourir en autobus à impériale, mieux valait s’enfermer dans une chambre au coeur de cette ville.

Chico Buarque, Budapest.

22 juillet 2007  -  Dresden - Brno, 350 kilomètres

Départ de Dresden 17h00.  Arrivée Brno 22h00.

 

[…]  Pourquoi refaire cette route?  Sur les traces de quoi nous lançons nous?  Qu'est-ce que nous attendons de cette reconstitution, une histoire dans l'Histoire, une illumination, une épreuve?

Je ne sais pas du tout ce que je fais ici ce soir, à Brno, ville dont j'ignorais jusqu'au nom il y a trois jours, Brno, ce n'est rien, dans ma tête ce n'est rien, personne n'a jamais dû rêver de venir à Brno.  Pourtant j'ai rêvé de ce voyage. 

Sur la route grande discussion avec Julianna à propos de la question améridienne au Québec.  Julianna demande ce que ça nous fait d'être de ceux qui ont conquis ce peuple, comment nous nous sentons par rapport à la douleur de la réalité des réserves, comment nous vivons cette blessure.  Je réponds n'importe quoi, je réponds mal, fort, Fred se retire de la discussion (et je me dis qu’il fait bien), Julianna insiste et me dérange avec ses questions mais surtout je me dérange avec mes réponses, je m'entends et j'entends tout ce que je n'aime pas de l'indifférence tiède des Québécois, je dis que je ne me sens pas concernée, je dis que je me sens tellement impuissante que je balaye ce problème de ma pensée, n'y pense jamais, je dis que c'est trop loin de moi, même si c'est proche, qu'il y a des problèmes comme ça qui sont si vastes qu'on ne sait pas par où y entrer et c'est comme ça.  Je me retrouve à parler des Premières nations sur une autoroute de République tchèque avec une amie Allemande, je me désole de ce que je ne dis que des âneries, je me sens mal, coupable et idiote, je suis consternée par l'étendue de mon ignorance.  Julianna cite Brecht qui disait « connais ton entourage », et oui, je me dis que oui, et que cette histoire de murs elle a peut-être aussi à voir avec ces réserves immondes où l'on parque des gens pour ne pas les voir.

[…]